LE QUEBEC A L’UTAT ! INTERVIEW DE MATHIEU BLANCHARD
Propos recueillis par Virginie Vilhem-Chopard
Photo Karine Maltais
Propos recueillis par Virginie Vilhem-Chopard
Photo Karine Maltais
Ce jeune montréalais d’une trentaine d’années et membre du team Salomon depuis 1 an prendra le départ de l’UTAT 105 en Octobre prochain. L’UTAT sera l’une des courses phare de sa saison 2018.
Pourquoi as-tu choisi de t’aligner sur cette course ?
Mathieu - Je reçois énormément d’invitations que je n’accepte pas forcément mais il y a plusieurs raisons qui m’ont poussé à venir sur l’UTAT : Je suis un passionné de voyages et d’aventures, j’aime découvrir des endroits naturels, sauvages et authentiques au cours desquels je peux côtoyer les populations locales et apprendre sur leurs modes de vie. Je ne connais pas le Maroc et encore moins les montagnes de l’Atlas mais j’aime l’Afrique en général et les conditions de vie rustiques, détachées de la société urbaine moderne et qui font souvent naître de vrais échanges humains.
En parcourant le site internet de l’UTAT et en regardant les photos et les vidéos je pense trouver dans cette course les ambiances que j’affectionne et donc je suis très attiré par cet événement là.

Le Maroc et le Québec sont très différents géographiquement parlant alors comment comptes-tu te préparer à cette course ?
C’est sûr que l’altitude à laquelle se déroule l’UTAT est très élevée mais j’ai la chance d’avoir près de mon lieu de travail à Montréal un centre spécialisé dans la préparation à l’alpinisme de haute altitude, alors je vais aller passer un peu de temps avec eux. Par ailleurs, je suis habitué à courir dans des endroits ultra techniques avec des racines, des branches, des rochers, là où nos yeux sont obligés d’être en permanence rivés sur le sentier ! En plus, j’ai fait des courses dans les caraïbes, dans la jungle et sur les volcans avec des roches hyper abrasives et coupantes ; je suis super à l’aise dans ces terrains techniques donc je pense ne pas avoir besoin d’un entrainement particulier pour m’adapter à ce type de terrain.
Et en termes de volume ?
La course est plutôt en fin de saison donc le gros du travail de volume sera fait avec plusieurs Ultra au cours de l’année ainsi que pour l’UTMB qui se déroule un bon mois avant l’UTAT. Je prévois donc une semaine de repos après l’UTMB et 3 semaines de maintien afin de ne pas arriver trop fatigué sur l’UTAT qui est l’un de mes principaux objectifs de ma saison 2018.
Prévois-tu d’utiliser des bâtons ?
En Amérique du nord on court sans bâtons car souvent c’est interdit sur les courses mais aussi car le terrain boueux empêche de les planter correctement … En plus, les dénivelées ne sont pas énormes alors ce n’est pas vraiment nécessaire. Mais vu que je vais les utiliser à l’UTMB pour affronter les dénivelées importants je vrai peut être aussi les utiliser pour l’UTAT, mais ce n’est pas encore décidé. Je suis quelqu’un de très minimaliste dans mon approche et souvent les gens me voient arriver avec très peu de matériel.
Sur l’UTAT, qui est une course en semi autosuffisance, on impose quand même un certain niveau d’équipement …
Pour moi, ça va être un peu comme à l’UTMB où on doit avoir pas mal de matos obligatoire dans le sac… alors j’aurai donc une bonne référence sur le sujet pour me lancer dans l’UTAT.

Quels sont tes principaux objectifs sportifs pour cette saison 2018 ?
J’ai bâti ma saison autour de l’UTMB et c’est donc la première pierre que j’ai posée au milieu de ma saison ; en fait j’aime le côté théorique et technique de la course et donc je tiens compte de tous les paramètres qui vont influencer ma pratique comme la nourriture, le sommeil, le soutien social, etc. et puis j’ai mes cycles d’entrainement qui me permettront d’arriver au gros pic de forme fin août ; de là, je pose d’autres courses dans l’année. Mes 3 principaux objectifs pour 2018 sont les Açores que je viens de faire, l’UTMB et l’UTAT qui sont mes courses « A », ensuite j’ai mes courses « B » qui ne correspondent pas nécessairement aux pics de forme attendus, donc si je gagne la course ou si je me place bien c’est cool sinon ce n’est pas primordial et puis il y a les courses « C » qui se présentent au fur et à mesure ou bien que je fais pour le fun.
L’an passé, j’ai intégré le team Salomon en mars et ils m’ont invité sur plein de courses que j’ai faites ; du coup j’ai beaucoup couru et en fin d’année j’étais à la limite du burn out physique ; mais cette année je gère vraiment ma saison avec des choix réfléchis. L’UTAT en fait partie et j’ai hâte d’y être !
Témoignages 2018 