A bout de souffle à travers la nuit
Et je me retrouve là, 2h00 du matin, une ascension immense devant moi, et pas d’air. Je ne peux même pas dire que je ne savais pas à quoi m’attendre. C’est déjà la quatrième fois que je suis ici et j’ai déjà couru et marché sur bien des distances différentes. L’année dernière, ça devait être la grande distance (105 km) sur laquelle j’ai cependant complètement échoué. Depuis lors, il était clair que je devais revenir.
La préparation est loin d’être parfaite. André ne peut pas m’accompagner, j’ai couru beaucoup moins de kilomètres que prévu, six semaines avant l’événement j’ai ressenti des douleurs aux genoux et attrapé un rhume deux semaines avant la course……. génial ! Ca sera encore sûrement une déception cette année.
Au cours de ces dernières semaines, mon inquiétude n’a cessé de grandir. J’ai pour habitude, quand la peur devient trop grande, d’acheter du matériel neuf sur internet. Cela a abouti cette fois à l’acquisition d’un traceur GPS dont le fabricant promet qu’il me permettrait d’être secouru, en tout point du globe. Qu’il permette d’être secouru, je n’en sais rien jusqu’à ce jour ; quoiqu’il en soit, j’ai passé les 14 jours suivants, jusque pendant le vol, à essayer de programmer l’appareil ‼️ Après avoir par inadvertance raté une nouvelle mise à jour, reçu de façon absurde 400 sms supplémentaires et passé beaucoup d’heures avec un ami fou de technologies, le gars de la hotline m’a expliqué que j’aurais seulement dû appuyer sur n’importe quel bouton pour que l’appareil ne soit pas juste en stand-by. Mieux vaut tard que jamais…
Installé dans la chambre et tous les équipements prêts pour le matin suivant, je vais me coucher tôt mais ne vais pas dormir. Toute la nuit, les chiens hurlent. À 4h00 du matin, j’en suis au point où je pourrais flinguer le propriétaire des chiens. Au petit déjeuner, j’apprends qu’il s’agit de chiens sauvages….. Super, un souci de plus….
Les secondes précédant le départ seront à nouveau trépidantes à essayer de savoir si le traceur GPS fonctionne, c’est le cas, on peut y aller !!
Je cours avec un groupe de coureurs. C’est nouveau. Jusqu’ici, j’ai toujours couru après… Les montagnes séparent le bon grain de l’ivraie et je cours de nouveau seul. Peu importe, j’ai mon traceur GPS et il n’y a pas non plus de chiens en vue.
Avec peine, j’arrive à boire un peu. Je n’arrive pas à avaler ma nourriture, où cela va-t-il encore me mener ? Un souci pour plus tard.
Au bout d’une longue ascension, je cours vers Kiki et Frank. C’est drôle, déjà dans l’avion j’étais assis à côté d’eux. Je leur parle de ma peur face aux 3700 m d’altitude de la montagne et plus encore de la descente soi-disant si effrayante qui suit. Généreusement, à partir de là, ils m’ont traîné avec eux.
Entre-deux, nous remplissons nos bouteilles d’eau potable aux rivières. Intéressant, le goût est très différent. En plus, grâce aux filtres à bactéries intégrés, c’est sans danger. L’un des autres coureurs semble être moins bien équipé. Au moment où nous passons devant lui, il produit des sons clairs et forts. Les trois phares de nos frontales affluent effrayés vers la silhouette accroupie. Très mauvais timing.
Au kilomètre 68, nous faisons une pause plus longue et buvons tous à des tasses qui ont déjà été utilisées cent fois. Je suis apparemment le seul à penser à l’hygiène. Avez-vous déjà essayé de boire un thé chaud sans toucher le verre des lèvres ? Eh bien, quoiqu’il en soit, je dois me changer… Maintenant ça grimpe sur la haute montagne.
Avant d’y arriver, il faut encore en passer une plus petite. Elle est si raide que j’entre en détresse respiratoire. A chaque fois que j’essaie d’aspirer du liquide de ma poche à eau, j’ai des vertiges. Génial, boire ne marche plus non plus.
Une fois la colline atteinte, on peut voir l’énorme paroi rocheuse qui doit maintenant être surmontée. Frank m’encourage quand il réalise que le cœur n’y est plus. Il n’y a pas d’alternative, faire demi-tour prendrait plus de 10 heures.
Chaque mètre en hauteur accroît le manque d’air. Je suis le contraire de Reinhold Messner…. Je ne fonctionne qu’en vallée. Mais qu’est-ce que je fous ici ? A 50 m du sommet, je commence à doucement me sentir suffoquer, Kiki et Frank ont continué à courir devant, il fait trop froid ici pour rester immobile. Ils ont aussi beaucoup moins de problèmes avec l’altitude.
Arrivé en haut, je n’ai, au début, même pas assez d’air pour courir la descente. Mais ça s’améliore à chaque pas. Maintenant, la descente tant redoutée….. De tous ceux à qui j’ai demandé jusqu’à présent, chacun a pu me raconter comment il était tombé ici.
Frank court devant, Kiki derrière lui. J’essaie de suivre la cadence. Aïe, la première chute… à part des écorchures, rien de grave ! Même Kiki glisse à plusieurs reprises, chez elle cela semble presque élégant. Après 2 heures et demi, je me tiens, les jambes tremblantes, dans la vallée.
De là, un chemin agricole mène au dernier point d’approvisionnement. Les chemins agricoles ici sont totalement différents de ceux d’Europe. Il n’y a pas de véhicules, mais des ânes, qui courent. Par conséquent le chemin ressemble à ça, des escaliers, des pierres et des trous partout. Inutile de songer à courir, même le rythme de marche rapide des deux autres, je ne peux plus le soutenir. Ma force suffit à peine à m’empêcher de trébucher sur les pierres ou de rater une marche. Au moins, la clarté revient doucement.
J’ai hâte de prendre un petit déjeuner et je suis étonné de constater qu’au dernier point de ravitaillement il y ait des pâtes et du bouillon de légumes, réchauffés. Rien d’étonnant, les pros sont en fait déjà passés ici hier soir.
Kiki s’allonge une demi-heure, Frank accomplit sa routine matinale et a, par la suite, beaucoup de commentaires à faire sur les toilettes locales. Je m’accorde le temps de caresser un chat. Il est pelé par endroits, maigre et paraît aussi tout à fait négligé, mais il semble me trouver sympathique…. Auprès des jeunes locaux, je peux au moins faire impression avec mon traceur GPS clignotant.
La suite de notre route et celle des « coureurs courte distance » fusionnent en un dernier tronçon commun. Mon Dieu, qu’ils sont encore en forme et rapides, sans compter qu’ils sentent bien meilleur !!
Kiki m’explique qu’il est question d’un sprint d’arrivée, pas d’une marche d’arrivée… Il faut donc encore courir. Mais aussi vite ? Ça se passe bien, mais sur les derniers mètres je décide solennellement de changer de hobby…. Ultratéléspectateur, ça serait formidable ‼️‼
Après l’arrivée, j’explique à tous ceux que je croise que plus, plus, jamais je ne participerai à cette course ! De toute façon, personne ne semble me prendre au sérieux.
Après une escale à Marrakech, un départ retardé et une autre nuit sans sommeil, je jette toutes mes affaires dans un coin et tombe dans mon lit.
A mon réveil, ma femme épanouie m’a dit que toutes mes affaires étaient déjà dans la machine à laver.
Conclusion : Les traceurs GPS ne sont pas vraiment étanches
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